Un Québécois sur quatre a maintenant un compte d'utilisateur Facebook, nous apprenait un sondage SOM en juin dernier.

Pendant que le site de réseautage social déploie ses tentacules dans toutes les sphères de la société, son impact sur le monde du travail commence à se faire sentir, faisant quelques victimes au passage. Il semble que les utilisateurs ne saisissent pas encore toute la portée des informations qu'ils divulguent sur l'internet, ou celles que leurs "amis" sont en mesure de propager!

Par exemple, cet enseignant suppléant du Saguenay mis en congé forcé par sa commission scolaire parce qu'une photo mise par un de ses amis sur Facebook le montrait assis à une table avec de la bière et en train de fumer ce qui ressemblait fort à un joint.

Ailleurs, un employé qui déclarait ne pas pouvoir se présenter au travail parce qu'il était malade s'est fait prendre à son mensonge en publiant des photos de lui dans un party qui avait lieu le même jour. Aux États-Unis, une femme nouvellement embauchée par la firme Cisco publiait un commentaire négatif sur ce nouvel emploi sur Twitter. Elle a eu la mauvaise surprise de voir un avocat travaillant pour l'entreprise lui répondre le même jour pour lui annoncer qu'elle était congédiée.

De nombreux cas de ce genre ont été rapportés un peu partout dans le monde depuis l'avènement de ces sites. Si vous avez une page Facebook ou que vous "twittez", soyez conscient de l'impact possible qu'une photo ou un commentaire mal placé pourrait avoir sur votre travail. 

Selon Claude Gravel, avocat associé chez Gowlings, Lafleur, Henderson, la loi oblige un employé à la loyauté et à la confidentialité envers son employeur. "On ne doit pas se comporter de manière à lui causer préjudice, car l'employeur serait alors justifié de sévir", dit-il. Dans le cas de Facebook, nous suggérons aux gens de s'imaginer que ce qu'ils vont écrire sera publié en première page du journal du lendemain. Si c'était le cas, le feraient-ils?"

Votre patron est-il vraiment votre "ami"?

Un autre cas pose problème: un collègue, ou même votre patron, vous propose de faire partie de vos "amis" Facebook. Est-ce une bonne idée d'accepter?

Les avis divergent à ce sujet. D'un côté, on ne souhaite pas nécessairement mélanger vie personnelle et boulot. Et on n'a pas toujours envie que nos collèges découvrent certaines facettes de notre vie.

Au contraire, cela permet d'humaniser les rapports professionnels et d'affaires, croit Michèle Blanc, consultante en marketing internet, associée principale chez Analyweb et blogueuse.

 "Moi j'accepte toutes les personnes qui me font une demande parmi mes amis Facebook, dit-elle. Certains de mes clients en font partie. Mais évidemment, il faut faire preuve de jugement dans ce qu'on publie et ne pas mettre des photos de soi embarassantes."

En faire bon usage

Il n'y a pas que des côtés négatifs aux sites de réseautage en ce qui concerne le monde du travail. "Quand on est à la recherche d'un emploi, ils sont très utiles pour s'assurer que le maximum de personne dans notre entourage soient au courant", dit Gabriel Bouchard, président de Workopolis. 

Toutefois, il ne faut pas non plus oublier que si vous avez une page personnelle sur l'internet, celle-ci pourrait très bien être consultée par l'entreprise qui veut vous embaucher pour essayer de savoir quel genre de personne vous êtes. Attention, donc, à votre image, sans oublier de veiller à ce que vous dites en entrevue reflète la vérité! Si vous donnez une information et que votre page personnelle révèle le contraire, vous pouvez dire adieu à l'emploi!

"Mais on peut aussi soi-même se renseigner sur la personne qui va nous faire passer l'entrevue", dit Gabriel Bouchard. 

Ainsi, si vous découvrez que votre futur interlocuteur est, tout comme vous, un passionné de la pêche, ce simple détail pourrait valoir de l'or!